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Comment gagner la confiance du spectateur ? Partie 2

Comment gagner la confiance du spectateur ? Partie 1

"Un magicien est un comédien qui joue le rôle de magicien" - Jean Eugène Robert-Houdin
Dans le spectacle qui l’a rendu célèbre dans le monde entier, le magicien David Copperfield introduit la plupart de ses illusions par des courts métrages vidéo. Dans l’un de ses numéros, il reprend et réadapte la fameuse « cabine spirite » des frères Davenport. Dans cette illusion, alors que les deux frères sont attachés dans une cabine fermée aux yeux du public, d’étranges phénomènes se produisent
Cabine spirit
Dans l’adaptation de Copperfield, à un moment donné, un écran descend sur scène et projette différentes images vidéo de maisons hantées en noir et blanc. Elles sont commentées et semblent provenir d’archives très anciennes. L’objectif est double : renforcer auprès du public l’éventuelle existence de spectres, mais aussi créer une certaine tension.
Puis le décor s’ouvre. Au beau milieu de la scène trône une sorte de cabane fantôme, vraiment réussie. Elle semble provenir d’un dessin animé de Disney. Elle est en bois, semble vieille et en mauvais état. Les partenaires l’ouvrent : l’intérieur rappelle une salle d’un vieux château.
Puis, David Copperfield fait monter des spectateurs qui contrôleront tout le déroulement du numéro : ils attachent le magicien, examinent la cabine et s’assurent qu’il n’y a aucun trucage. Le célèbre magicien est enfermé et attaché. À partir de cet instant, l’éclairage et la musique prennent le relais pour créer une ambiance angoissante. Des morceaux de journal sortent de la cabine, une clochette se met à tinter. On ouvre la cabine, David Copperfield est toujours solidement attaché.
S’ensuivent alors différents phénomènes tous plus troublants les uns que les autres. À un moment donné, des fantômes matérialisés par des foulards blancs s’échappent de la maison hantée et volent au-dessus du public. Puis la cabine se ferme et explose, emportant avec elle les spectateurs qui disparaissent instantanément. Ils réapparaîtront plus tard tout aussi mystérieusement.
Alors, évidemment, il s’agit de spectacle. Les spectateurs ne sont pas dupes et savent qu’il s’agit d’illusion. Il n’empêche qu’il faut leur donner l’occasion de frissonner, de s’évader, d’oublier le quotidien. En un mot, de les mettre en confiance pour, l’espace d’un instant, suspendre leur esprit critique.
sarin suriyakoon 1103306 unsplash
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La création d'un univers

Lorsque vous regardez un film, les techniques sont à peu près les mêmes. L’image, le thème, la musique : tout contribue dès le départ à planter le décor. Le génie d’un réalisateur, c’est de justement vous amener à lâcher prise et croire, le temps d’un film, que tout est réel. À partir de là, tout ce que vous visionnerez sera accepté comme vrai par votre inconscient : les scènes émouvantes, dramatique, effrayantes ou cocasses. Votre cerveau, par l’intermédiaire de neurones dits « miroirs » s’impliquera dans le film et vous permettra de ressentir les différentes scènes. Ainsi, parfois, vous pourrez être amené à pleurer, à rire ou à frissonner… Même si, au final, vous savez que c’est de la pure fiction. Qu’importe, le résultat sera là. Et bien après la projection, votre mémoire prendra le relais, le souvenir persistera. Si vous avez vu un film comique, vous serez probablement de bonne humeur les heures qui suivront. En revanche, un film dramatique vous amènera à vous poser des questions existentielles.
Ce que vous ressentez lorsque vous entrez dans un lieu, ou que vous rencontrez quelqu'un, est directement lié à ce que vous percevez. Un spectacle est d’autant plus prenant qu’il vous emmène dans un univers bien précis : les décors, les costumes, l’éclairage, l’atmosphère, tout contribue à stimuler vos facultés perceptives, vous suggérer une ambiance et donner du sens à l’ensemble.
Un magicien, pour être efficace, doit préparer son public et donc travailler sur la notion de personnage. Pendant très longtemps, et c’est une image qui perdure, l’illusionniste était représenté en smoking queue-de-pie, capé, et coiffé d’un haut-de-forme. Cette représentation, quasi universelle, suffisait à préparer le terrain : devant un tel personnage on savait d’emblée à qui on avait affaire.
Les modes changent : aujourd’hui le magicien s’est affranchi du costume classique et travaille de plus en plus souvent sur un thème. Certains artistes choisissent la comédie et s’habillent en couleurs, d’autres sont inspirés par le conte et préfèrent les costumes d’époque, d’autres encore jouent sur le côté mystérieux et parfois sombre. Dans tous les cas, l’artiste cherche à paraître cohérent, crédible. Toujours dans le but de gagner la confiance du spectateur.
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