Les raisonnements inductifs

Comment gagner la confiance du spectateur ? Partie 1

L'effet de surprise

Comment créer l'effet de surprise ?
Comment créer l'effet de surprise ?
Un tour de magie est par définition surprenant. On ne s’attend pas à sa chute. Ou si c’est le cas, on l’attend sans y croire vraiment.
Les magiciens jouent sur l’effet de surprise : c’est pour cette raison que jamais ils ne vous parleront de la chute du tour. Afin que vous ne puissiez pas l’anticiper et être attentif au bon moment. C’est aussi pour cette raison qu’ils ne recommencent jamais deux fois la même illusion. Ils préfèrent passer à autre chose ou laisser passer suffisamment de temps en pariant sur les erreurs d’interprétations du public.
Surtout, un magicien doit pouvoir rebondir et s’adapter. Parfois, le tour qu’il présente ne va pas dans le bon sens. Soit parce qu’il s’est trompé quelque part, soit parce qu’il a oublié la méthode… ou encore parce qu’un spectateur n’a pas joué le jeu ! Dans tous ces cas précis, il doit tout de même assurer le spectacle et pouvoir tromper les autres. Et donc prévoir plusieurs sorties différentes. S’il annonçait au public qu’il s’apprête à faire disparaître une pièce de monnaie, par exemple, mais qu’au final ça n’est pas possible, le tour tomberait à l’eau.
De nombreux jeunes magiciens tombent d’ailleurs dans ce piège : ils ne prévoient qu’un seul final à leurs tours. Et quand ils les ratent, le public s'en rend compte. Un magicien confirmé prépare plusieurs portes de sortie. Aussi, même s’il se passe quelque chose de contrariant, il parvient à proposer aux spectateurs une autre fin. Ils n’y voient que du feu puisque de toute façon ils ignorent l’effet final. C’est ce qu’on appelle « le plan B ».
Comment créer l’effet de surprise ? Un magicien, pour créer une illusion convaincante, doit manipuler la conscience du spectateur. Il va pour ce faire jouer avec sa perception, son attention et sa mémoire dans le but d'éteindre son esprit critique, le rendre plus malléable. Il va également utiliser des stratégies de persuasion indirectes que sont les inductions. Ces inductions peuvent être verbales ou non verbales. Mais il reste un obstacle de taille : la maîtrise de soi. Car en effet, un magicien ne doit à aucun moment se trahir. Il doit donc maîtriser son langage corporel comme son discours, afin d’établir une véritable relation de confiance.
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Pour parvenir à une telle relation, le magicien doit commencer par être cohérent. Il ne doit à aucun moment montrer qu’il est gêné. Il doit faire preuve de détachement vis-à-vis de sa technique et ses méthodes. Il doit dire ce qu’il fait et faire ce qu’il dit… du moins en apparence car, rappelez-vous, un illusionniste utilise les erreurs de perception. Il travaille sur des techniques, manuelles ou mentales, pour faire illusion. Et ces techniques-là, il doit les maîtriser à la perfection. Elles doivent devenir une seconde nature. Pour atteindre un tel niveau, tout comme le musicien qui répète ses gammes, le magicien n’a pas d’autre solution que de s’entraîner et pratiquer. Encore et encore...
Il doit pouvoir effectuer une manipulation sans que cette dernière ne se remarque. Comment masquer un mouvement suspect ? En prenant de la distance avec ce dernier. En masquant l’enjeu. En restant décontracté et sûr de soi. En respectant des phases de silence. L’art magique est basé sur le culot, la capacité à garder son sang-froid. Mais ça ne suffit pas : depuis toujours, les magiciens s’attachent à créer leurs manipulations, qui sont des mouvements truqués, en reproduisant le plus fidèlement possible les mouvements véritables. Car comme le rappelle le tricheur professionnel S.W Erdnase, « la moindre action qui apparaît irrégulière, le moindre effort pour causer la distraction ou le premier mouvement non naturel créera la suspicion ». Il faut donc utiliser des gestes et comportements naturels, détachés.
Ainsi, le magicien, pour détruire l’éventuelle suspicion liée à ces manipulations, doit éduquer son public en le familiarisant avec des mouvements vrais qui, à un moment donné, seront remplacés par des mouvements faux très similaires : c’est la cécité au changement. Il peut, par exemple ruser en plaçant pour de vrai une pièce de monnaie dans sa main, s’emparer d’une baguette pour l’agiter au-dessus et constater que rien ne se passe. Il retente l’expérience mais cette fois il feint de placer la pièce dans la main : les mouvements sont quasiment les mêmes que pour la première tentative, sauf que cette fois la pièce est escamotée d’une façon ou d’une autre alors qu’elle semble être placée dans la main. La baguette s’agite à nouveau : cette fois la pièce disparaît sous les yeux ébahis du public « qui n’a rien vu venir ». L’effet de surprise est obtenu.
Pour renforcer l’illusion et lui conférer son caractère dramatique, le magicien doit bien évidemment jouer lui-même l’étonnement et impliquer son langage corporel, notamment à travers ses mimiques. Il doit devenir un expert du mensonge, ne pas se trahir.
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